• Voeu.

     

    Vœu.

     

    Si j’étais la feuille que roule

     

    L’aile tournoyante du vent,

     

    Qui flotte sur l’eau qui s’écoule

     

    Et qu’on suit de l’oeil en rêvant

     

     Je me livrerais, fraîche encore

    De la branche me détachant

     

    Au zéphyr qui souffle à l’aurore

     

    Au ruisseau qui vient du couchant

     

    Plus loin que le fleuve, qui gronde

     

    Plus loin que les vastes forêts

     

    Plus loin que la gorge profonde

     

    Je fuirais, je courrais, j’irais 

     

    Plus loin que l’antre de la louve

     

    Plus loin que le bois des ramiers

     

    Plus loin que la plaine où l’on trouve

     

    Une fontaine et trois palmiers 

    Par delà ces rocs qui répandent

     

    L’orage en torrent dans les blés

     

    Par delà ce lac morne, où pendent

     

    Tant de buissons échevelés 

     

    Plus loin que les terres arides

     

    Du chef maure au large ataghan,

     

    Dont le front pâle a plus de rides

     

    Que la mer un jour d’ouragan.

     

    Je franchirais comme la flèche

     

    L’étang d’Arta, mouvant miroir

     

    Et le mont dont la cime empêche

     

    Corinthe et Mykos de se voir

     

    Comme par un charme attirée

     

    Je m’arrêterais au matin

     

    Sur Mykos,la ville carrée

     

    La ville aux coupoles d’étain.

    Voeu.

    J’irais chez la fille du prêtre

     

    Chez la blanche fille à l’oeil noir

     

    Qui le jour chante à sa fenêtre

     

    Et joue à sa porte le soir

     

    Enfin, pauvre feuille envolée

     

    Je viendrais, au gré de mes vœux

     

    Me poser sur son front

    Mêlée aux boucles de ses blonds cheveux .

     

    Voeu.

    Comme une perruche au pied leste

     

    Dans le blé jaune, ou bien encore

     

    Comme, dans un jardin céleste

     

    Un fruit vert sur un arbre d’or

     

    Et là, sur sa tête qui penche

     

    Je serais, fût-ce peu d’instants

     

    Plus fière que l’aigrette blanche

     

    Au front étoilé des sultans

     

    Victor Hugo.

     

    Bonne journée.

     

    Voeu.

     


  • Commentaires

    1
    Mercredi 10 Octobre à 20:22

    Coucou Kettyn, je n'avais pas vu que tu avais un autre blog. Ce poème de Victor Hugo est magnifique. Passe une belle soirée, bisou rose tendresse !

    2
    Jeudi 11 Octobre à 09:46

    bonjour ma Kettyn  il est très beau ce poème  de Victor Hugo et tes images très belles  j 'espère que tu va mieux ? je te souhaite de passer une bonne journée prend soin de toi ma douce fée

    gros bisous de ton amie

    Béa

    3
    Vendredi 12 Octobre à 13:30

    bonjour ma Kettyn un petit passage pour te remercier pour ton commentaire sur mon blog j 'espère que tu va mieux ? je te souhaite de passer une bonne fin de semaine prend soin de toi ma douce fée 

    gros bisous de ton amie

    Béa

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